Couchant à Romagnieu
Couchant à Romagnieu
Son adieu estompé dans les songes du lac
Froissait les tulles chauds d’un flambeau étranglé
Que les sombres bosquets en nervures opaques
Dupliquaient sur ces eaux de frissons morcelés.
Le salut du brasier comme à son habitude
Jouait au gré des troncs, aux buvards des lisières,
En prismes tenus ses langues de quiétude
Livraient au rein des nuits les sens et la matière.
Nous marchions lentement la narine au couchant,
Les roseaux d’onguents frais noués à l’aplomb gras
D’un humus en cavale. Une fuite de champs
-Tel un marmot joueur- s’effaçait sous les draps
Du repos. A hauteur d’homme nous dérivions
Ainsi qu’une torpeur de limbes digérés,
Le pas extirpé des mêmes pulsations :
Dessins simultanés sur nos papiers dorés.
L’adieu se disloqua sur la crête des terres
Avec ce filament rosé d’universel
Pour fondre sur le gouffre effacé des mystères.
Ce jour ne su jamais qu’on le nomma Noël.
Les Avenières, 26.12.16
