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Articles avec #sonnets tag

La gaufre

Publié le par Ghregg

Bonsoir à tous,

 

Lors de mon escapade Bruxelloise, en septembre dernier, j'ai eu l'occasion de goûter les fameuses gaufres de la capitale belge. Ce fut un moment intense, si intense qu'il s'est cristalisé sous la forme d'un sonnet.

 

Bonne dégustation !

 


 

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Banane et chantilly chapeautées d’une lave

De chocolat chaud. Les peaux d’or de la Grand-Place

Flamboient en dépit de la drache qui enlace

Bruxelles. J’ai filé pour jouir sans entrave

 

Rue des chapeliers. Sous les aplats sucrés

D’une éclaircie j’ai assiégé l’Olympe de

Crème, entraîné mes doigts sur ces flancs hasardeux ;

Les ténébreux torrents et les adrets nacrés

 

Se liaient sous mes pas d’argonaute éperdu.

Les étoles du temps un instant suspendues

Se perlèrent d’un flot de soupirs convulsifs.

 

Seul, sous les saphirs et les cendres de la drache

J’ai aplani, soufflé mon onctueux récif.

Un magma d’indécence irisait ma moustache.   

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Gustave Impétraz

Publié le par Ghregg

 

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Bonjour à tous,

 

Voici un double sonnet composé à partir d'un passage du roman philosophique "La nausée" de Jean-Paul Sartre.

Bonne lecture.  A bientôt.


 

 

I.


Sous les arches blanchies qui limitent la place

Naviguent lentement des silhouettes noires,

Des insectes discrets qu’on ne peut qu’entrevoir

Tant le voile pesant des ombres les efface.

 

Depuis les galeries elles lancent parfois

Des regards satisfaits vers la statue d’airain

De Gustave Impétraz. Le colosse serein

Impose sous les cieux sa stature et le poids

 

De son savoir ; sa foi, sa grandeur éternelle,

Son exemple moral surplombent solennels

Les moirures rosées des pavés de la place.

 

De sa main il écrase une tour d’in-folio,

Impétraz engoncé dans sa verte cuirasse

Est devenu gardien de leurs grands idéaux.

 

 

II.

 

Un visage, soudain, perça l’obscurité

Levant vers le géant ses prunelles craintives

Et puis, s’enhardissant, d’une course furtive,

Vint se glisser devant l’honneur fossilisé

 

D’Impétraz. La fourmi distilla des murmures

Dans les babillements vifs de ses mandibules

Et détala soudain, fluette et minuscule

Pour disparaître dans la lézarde d’un mur,

 

Soulagée ; les idées saintes de ses aïeux

N’avaient plus désormais ce besoin glorieux

D’être défendues. Le géant d’airain veillait,

 

Depuis les hauteurs, sur ses idées étriquées.

Désormais cette femme aux voiles noirs pouvait

Vaquer à ses travaux, aux soucis du foyer.

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Les Naufragés De Gaïa

Publié le par Ghregg

Un sonnet pour ces naufragés de la nature...


 

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Dans les flots pétrifiés des abîmes urbains

Sur les côtes d’asphalte ou les pieds de granit

Se débattent de fiers naufragés émérites

Soufflant un feu de vie à l’austère gardien.

 

Au nez d’une corniche, au flanc d’une gouttière,

Dans le terne rictus d’un ciment lézardé

-Suffocante parfois dans l’étau carboné

D’un tronçon d’autoroute – elle oppose à la pierre

 

Ses anges résistants. Une fissure, un creux,

Un minuscule accroc sur le pourpoint crasseux

De la cité suffit ; ils foulent les nacelles

 

De ces havres réduits, ils se lovent, s’éveillent

Et, insensiblement, déroulent leurs ombrelles

Pour tenter d’accrocher des lambeaux de soleil.


 

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Un piano au jardin St Pierre

Publié le par Ghregg

Bonsoir à tous,

 

Durant tout l'été dix pianos ont été laissés en utilisation dans dix lieux de la cité rhodanienne. J'ai appris l'initiative en tombant, au hasard d'une promenade dominicale, sur l'instrument trônant au milieu du superbe jardin des beaux arts.

De cette rencontre est né le sonnet que voici. Bonne lecture.

 

A la semaine prochaine !

 


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Sa carcasse acajou se dressait, incongrue,

Sur les sables flottant d’une allée ; ses panneaux,

Près du sol, s’habillaient de ce voile falot :

Poussières révélées par les flambeaux têtus

 

De juillet. Aphrodite, Apollon, les illustres

Visages qui ornaient les arches du musée

Se penchaient en semant quelques moues amusées

Aux ramures du parc, aux éclats des balustres.

 

Les notes trottinaient dans cet îlot d’Eden ;

Bercé de pointillés le chant de la fontaine

Cédait toute licence au nouveau rossignol.

 

Comme pour sublimer la sereine java,

Sous l’inspiration, les spirales d’Eole,

Le tilleul éventait ses flocons mimosa.

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Le Sournois

Publié le par Ghregg

Bonsoir à tous,

 

Cette semaine je vous propose un nouveau sonnet qui participera le mois prochain au concours de la bibliothèque Michel-Raimbaud à Château d'Olonne (85). Thème du concours: Le miroir.  

Bonne lecture... et bonnes vacances à tous!

 


Des épis cristallins fusaient en longues tiges,

Câbles inopportuns, blafards et insolents

Dans l’ombre échevelée, aux ramages charmants

De mes sourcils. Et par je ne sais quel prodige

 

Des rayures d’argent s’accrochaient à mes tempes.

J’auscultais ce regard minéral et froissé,

Ces pattes d’oie, ce cou légèrement plissé ;

Ces sillons qui saillaient sous les feux de la lampe

 

Et qui barraient mon front, brûlaient de calomnies.

Je devinais l’auteur de cette ignominie.

Ah, le traître sournois ! Bailleur de billevesées !

 

Ah, L’ignoble félon, déloyal et mesquin

Qui de son reflet feint espéra me duper

Dans la bulle apaisée de ma salle de bain.

 


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                                                                                        Le Caravage - 1595

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