Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #poemes en alexandrins tag

J'aimerais le quatorze...

Publié le par Grégory Parreira

_____________________________________________________________________

 

J'aimerais voir l'école arpenter le pavé,

J'aimerais voir marcher les vibrantes couvées

Qui demain sèmeront les germes de l'histoire.
Sous les bannières bleues, entre ces deux trottoirs,

J'aimerais voir le blanc des corps de la santé

Recevoir les honneurs au rebond de l'été.
J'aimerais voir la main tendue aux paysans :

Bouche de notre crâne, huches de nos présents !

J'aimerais voir le front des gardiens du savoir

Labourer l'avenue, épuiser les remparts ;

J'aimerais voir les arts, la science, l'ardeur

Des essaims sociaux, lutteurs des profondeurs ;

Les artisans, vendeurs, ces paumes qui toujours

Sont dans l'ombre la sève éreintée de nos jours.
Le pays est un crâne, une tête , une bouche,

Un cou et des poumons, une langue farouche,

Une peau, des idées, un squelette en croissance,

Un cerveau jouisseur imprégné des cinq sens.

C'est un être complet, un assemblage vif :

La nation n'est pas qu'une affaire de griffes.

 

                                                                                   Lyon, 14.07.17

Voir les commentaires

Couchant à Romagnieu

Publié le par Grégory Parreira

Couchant à Romagnieu

 

 

Couchant à Romagnieu

 

Son adieu estompé dans les songes du lac

Froissait les tulles chauds d’un flambeau étranglé

Que les sombres bosquets en nervures opaques

Dupliquaient sur ces eaux de frissons morcelés.

 

Le salut du brasier comme à son habitude

Jouait au gré des troncs, aux buvards des lisières,

En prismes tenus ses langues de quiétude

Livraient au rein des nuits les sens et la matière.

 

Nous marchions lentement la narine au couchant,

Les roseaux d’onguents frais noués à l’aplomb gras

D’un humus en cavale. Une fuite de champs

-Tel un marmot joueur- s’effaçait sous les draps

 

Du repos. A hauteur d’homme nous dérivions

Ainsi qu’une torpeur de limbes digérés,

Le pas extirpé des mêmes pulsations :

Dessins simultanés sur nos papiers dorés.

 

L’adieu se disloqua sur la crête des terres

Avec ce filament rosé d’universel

Pour fondre sur le gouffre effacé des mystères.

Ce jour ne su jamais qu’on le nomma Noël.

 

                                                          Les Avenières, 26.12.16

Voir les commentaires

Dans le front d'Amsterdam

Publié le par Grégory Parreira

 

 

Nous avons basculé dans le chaudron d'un crâne

Flânant , tressant nos pas de vaisseaux en membranes,

Libres d'inhaler les alvéoles oisives

Des draches bégayant leurs vagues offensives.
Le cortex bourdonnait sa crise coutumière,

Ses dilatations -quand les bonnes manières

Chantent leurs libertés-, fentes de carillons

Aux paupières, boyaux, circonvolutions

De ruelles à peaux rouges. Canaux lascifs

Avant de se griser dans le gras subversif

Des travées thalamus, des forêts d'interdits

Plein la bouche cousues sur l'influx d'incendie

Des vitrines; trophées tangents sur les trottoirs.

Un cervelet cambré à tous les auditoires:

Les meules de gouda jouxtaient la botanique,

Les chocolats plongeaient dans le pornographique

Et tous bavardaient là, en ébullition,

Synapses enivrées de stimulations,

Découpées par le vol des vélos hirondelles

En nuées de blondeur, tiges à tire-d'aile

Filant le train sanguin de la ville frontale;

La vive tension d'un brûlant encéphale.

 

                                                                                    Amsterdam 4.9.16

Voir les commentaires

Alstublieft

Publié le par Grégory Parreira

Escapade à Louvain...

 

Alstublieft, laissez moi l'odeur de ce dimanche,
Cet excédent d'été croulant en avalanches
Depuis les fins linteaux, les toges, les visages
D'un joyau hérissé de mille personnages.

Alstublieft, laissez moi ces rangs serrés de briques,
Ces collambages, noeuds des quartiers mosaïques,
Ces incendies flottant au silence des buis;
Libres canaux, miroirs d'où le temps s'est enfui.

Alstublieft, un instant dans cette foule heureuse,
Dans ce regain d'azur aux courses amoureuses,
Ces petits pieds rieurs, ces essaims de vélos:
Notes de liberté épinglées au tableau.

Alstublieft, un instant sur le sein de la maure,
Délassement crawlé aux pétillements d'or,
L'amertume trappiste arrondie de crevettes,
Palais d'explorateur en son aise muette.

Alstublieft, gardez moi la hauteur de ces femmes,
Leurs pilotis nacrés qui bouillonnent mon âme,
Les cascades ambrées glissant au creux du dos,
Ces baisers du soleil laissés comme un cadeau.


                                                                            Louvain, 28.8.16

Voir les commentaires

Le portrait de Nicolas Coustou

Publié le par Grégory Parreira

 

 

 

 

Bonjour à tous,

 

Voici un petit poème composé pour l'application "I Guide U" visant à illustrer au creux de l'oreille cette oeuvre exposée au musée Gadagne, "Le portrait de Nicolas Costou". 

 

 

J'étais ce regard blanc, cette barbe de flamme,

Un geste minéral où la lueur de l'âme

Tranchait l'obscurité d'un front livide et fier;

Mouvement exhumé par ses plumes de fer,

J'étais un dieu, soudain tiré des oubliettes,

Un visage arraché à la roche muette.

Il posait là, le bras sur mon crâne figé,

L'artiste nous singeait... surtout ne pas bouger !

Son pourpoint de soie rose irisait sa stature.

Lavallière, poignets -vaporeuses parures

Blanches- soulignaient la descente vagabonde

D'une perruque grise attribut du grand monde.

Un fleuve d'honneur bleu descendait sur sa taille.

De Lyon à Paris, des jardins de Versailles

En descente de croix au cœur de Notre-dame,

En pierre, bronze ou bois les rivières s'exclament,

Les fleuves et les dieux jaillissent des matières

Les muscles arrondis, les lèvres en prière;

Et Nicolas la main sur mon marbre-écritoire

Posait, statufié au sommet de sa gloire.

 

                                                                                                       Lyon, 11.05.16

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 > >>