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Articles avec #coqs (nouvelle en alexandrins) tag

Coqs - Episode 12

Publié le par Grégory Parreira

Bonjour à vous amis !

Voici la conclusion de "Coqs" -Nouvelle en alexandrins-. Je vous invite d'ores et déjà à la prochaine lecture de ce texte qui aura lieu au théâtre du Carré 30 (Lyon1), le mardi 7 octobre !

Bonne lecture. A bientôt.

 


 

coqss12

 


 

 

C’était presque tous des Gallus Gallus ! Perdus,

Etourdis, égarés sur l’orage éperdu

D’une cathédrale en fusion, Ecrasés

Par les orbes déments d’un navire embrasé.

Dans chaque cercle ils se toisèrent, labourèrent

Le sol, l’œil engourdi, perforé de colère

Instinctives, les cous se déplièrent dans

De bondissants éclairs ; les panaches ardents

Gonflèrent leurs flambeaux de fureur, les ergots,

Les becs fusèrent dans un funeste tango

De poussière. Plastrons mutilés, déchirés !

Un sang gras inonda les crêtes lacérées

Se mêlant sombre et grave aux sable des arènes.

Plumage écartelé ! Jaillissements obscènes

De jubilations et de trépignements

Qui enflaient furieux au cœur du bâtiment.

Les couleurs implosaient. La grâce, la beauté

Se noyait sous mes yeux en muse dévastée,

Pillée ! Lambeaux de chairs, corps prostrés, palpitants !

Raz-de-marée rageurs à mon ventre haletant.

Mes volcans, mes bouquets ! Ces plaies, ces automates !

La vitre sur mon front, Ces haillons écarlates !

Mes chers Gallus Gallus tombèrent un à un.

J’étais à genoux lorsque en vaillants serpentins

Les premiers bataillons de l’averse roulèrent

Sur l’inclinaison de l’impassible verrière.

 

Jean, je m’appelle Jean ! J’ai 82 ans

Et je dois achever demain – triste tourment-

La formation de mon apprenti, un môme !

Pour l’ultime leçon, nous irons au grand dôme !

 

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>> L'évènement Bonne... "> Coqs - Episode 11

Publié le par Le citadin filiforme

Bonsoir à tous,

11ème et avant-dernier épisode de "Coqs". L'intégralité du texte sera lu pour la première fois le 31 mai 2014 à la Triperie (Lyon1) accompagné par la musique de Rocambonux et les set de Ramataupia et Siamese Faces

>>> L'évènement

 

Bonne lecture. A bientôt !


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                                              Manchettes de percale,

Queues-de-pie, cordons d’or, hauts-de-forme, écussons

Rutilants et blasons côtoyaient à foison

Les filaments brodés et les fins parements

De soie, de vison ; les plus impressionnants

-J’en ai vu quelques-uns - arboraient de pompeux

Galons et gonflaient – d’un mouvement vaniteux-

D’incroyables plastrons alourdis de médailles.

Malgré l’impression de chaos, de pagaille,

Malgré les gestes vifs, les grains de tension

Qui fusaient parmi eux en sursauts trublions,

Les personnages se cristallisaient autour

De cercles sablonneux qui dupliquaient leurs lourds

Plateaux aréneux sur l’ensemble de l’étage.

La lame d’un éclair zébra le paysage.

Le ciel se craquela d’un puissant grognement.

Ma vue soudainement se mit en mouvement,

Une lumière verte explosa des cloisons

Libérant des élans de jubilations

Sous la calotte du dôme. Un bouillonnement

Si intense que j’en perçu distinctement

La ferveur à travers la cornée aérienne

De ma bulle de verre. Une demi-douzaine

De coqs venaient d’entrer sur les pistes de sable

Libérant sur la foule une fièvre insondable.

Les papiers circulaient de plus belle, des liasses

De billets naviguaient de main en main, les strass

Flottaient, les porte-voix vibraient comme jamais.

Mes doigts pressèrent le métal, je frissonnai :

C’était presque tous des Gallus Gallus !

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Coqs - Episode 10

Publié le par Le citadin filiforme


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Lovés sur l’horizon, derrière sa crinière

Embroussaillée d’argent, j’aperçus nos tanières,

Nos toits incendiés par les derniers tessons

D’un soleil ficelant ses ultimes moissons.

Le balcon prolongeait son escapade folle

Le long du crâne blanc de la haute coupole,

Mais à ce point précis la sœur de l’empyrée

Déployait les cristaux de larges baies vitrées.

Mon ultime leçon ! Juste un geste ! Un regard !

Cela semblait si simple ! Aisé ! Seulement voir !

Je m’arc-boutais sur la solide ossature

De zinc, le cœur ému. Oubliant la froidure,

J’immergeai l’ardeur de ma curiosité

Dans le tronc d’un colosse aux cornées dilatées.

Vision renversante ! Abrité par les ors

D’un plafond ouvragé, nimbé des météores

Clinquants de lustres aux lianes infinies,

Un niveau circulaire étendait ses tapis

Vers un cortège de meubles ostentatoires ;

Métissages cossus de gemmes et d’ivoire,

Sobrement douché par l’orange tamisé

D’appliques rococo, par les ocres boisés

De candélabres, de quinquets cuivrés, l’étage

Epanchait ses encens de bronze et de tissages

Sur l’entière envergure, altière et rigoureuse

De l’édifice. Un trou -festonné d’orgueilleuses

Balustres- s'échouant au centre du niveau-

Me laissait entrevoir les multiples préaux,

Ces inquiétants paliers plongeant vers le néant

Qui semblaient tapisser la trachée du géant.

Sur ce disque grouillaient en mille tourbillons,

En flopées de cris, de gesticulations,

Des personnages vifs tendant à bout de bras

Des liasses de papiers, d’incroyables fatras

De dossiers ou hurlants des ordres en rafales

Dans de blancs porte-voix. 

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Coqs - Episode 9

Publié le par Le citadin filiforme

Chers amis,


Après quelques contretemps les coqs vont distiller leurs ultimes épisodes durant ce radieux mois de mai avec, pour horizon final, une lecture complète du texte le samedi 31 mai, à la triperie, sur les pentes de la croix-rousse (Lyon4). Je vous livrerai de plus amples informations sur cette soirée lors d'une prochaine publication.

 

Ma basse-cour vous souhaite une excellente fête du travail ! Bonne lecture !


coqs lettre 9


 

 

A l’est, les stratus se dilataient dans un râle

Charbonneux, les sanglots du ciel –perles d’opale

Vaporisées sur les arabesques d’Eole-

Semaient en pointillés quelques vaines corolles

Anthracites sur les tuiles environnantes.

Au fin fond de son trou, la carcasse pendante 

De l’escalier tintait de crissements d’écrous ;

Quelques odeurs de rouille annonçaient le courroux.

-Allez garçon viens, on y est presque ! Le ton

De monsieur Duroch me surprit, ses yeux, son front

Semblèrent se parer des lugubres phalènes

Qui mêlent la colère à l’insondable peine.

-Par ici ! Nous devons rejoindre les verrières !

Nous progressâmes sur l’imposante visière

De la coupole par le goulet étranglé

D’un balcon, chahutés par les brusques mêlées

D’Eole ; accablés de ruées facétieuses.

Nous liâmes nos doigts aux margelles houleuses.

Le dôme tressaillait, tremblait de tous ses fers

Sous les crocs révoltés de ces vents mercenaires.

En bas, la trame des faubourgs géométriques,

Ces marais engoncés de toiles électriques

Diluaient lentement leurs champs de paraboles

Dans les limbes rageurs, la lourde camisole

De l’orage latent : L’emportement des dieux !

Essoufflés, rampant sous la paupière des cieux,

Epinglés au-dessus du grinçant épiderme

Nous avons contourné le front du pachyderme.

-C’est là ! Cracha monsieur Duroch, le teint grisé,

Les iris embaumés de souvenirs glacés.

-Regarde à travers les yeux du grand dôme ! Observe

Longuement ! Puise s’y ta leçon et conserve

La ! Je ne te suivrai pas vers l’épais vitrage,

Je n’en ai point la force, encor moins le courage !

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Coqs - Episode 8

Publié le par Le citadin filiforme

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                          Au gré de percées profondes,

De dédales plongeant sous la peau rubiconde

De l’édifice notre ascension sembla

Distendre le temps. La cadence de nos pas

S’émoussait, usée sur les essors mécaniques

D’un infini grinçant de marches métalliques.

Le vent s’était levé durant notre escalade,

L’horizon fulminait de sourdes cavalcades

Et dans l’azur brûlant de fièvre venimeuse

Roulaient de lourds échos d’estampes nuageuses.

Ici l’air me sembla plus sain, plus respirable,

Comme libéré de cette étole effroyable,

Ce résidu brumeux d’infectes puanteurs

Qui noyait la cité. Perchés sur ces hauteurs

Nous ne percevions plus la clameur des autos,

A peine entendons-nous le faible lamento

Des sirènes, le cri zélé et lancinant

D’alarmes se grisant au moindre éternuement.

Dans un souffle, soudain, les murs s’évanouirent

Pour laisser le rideau des cieux s’épanouir

Sur nos épaules. Nous foulions enfin la nuque

Du colosse. Au-dessus des chapiteaux de stuc,

Des entrelacs feuillus d’une fine margelle

Nous fûmes happés par un spectacle irréel.

La ville ! Océan noir de fureur, de détresse !

Ecorce accablée de ventricules, de graisses,

De rouages grippés, piquées de fumerolles :

L’épiderme grouillant de la mégalopole

Etirait ses drapés d’asphalte frémissants

Sur tous les horizons de la rose des vents.

C’était un cœur ! Une hydre ! Un monstre sans sommeil !

Les épanchements d’une horrifiante merveille.

 

 

 

 

 

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