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Les Rêves de la Gitane

Publié le par Grégory Parreira

Bonjour à tous !

Voici le poème que j'ai composé en avril dernier (dans le cadre des poèmes personalisés) pour une union printanière dans les bouches-du-Rhône ! Quelques accents du sud ! Quelques flèches de soleil !   Bonne lecture.


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Je dansais autrefois sur la paume du sud,

Dans le berceau d’azur des douces latitudes ;

Ces ruisseaux souriants qui lentement soulèvent

Les sucs enivrants d’un pétillement de rêves.

Je tournais, je valsais sous l’aimable charpente,

La blanche humanité ; pupilles bienveillantes

Des fabuleux soutiens, sans faille, sans détour,

Mes amis, mes parents, mes enfants : mes amours !

Je jonglais sur le fil des soupirs désireux

De trois bulles d’espoir – ô songes vaporeux - :

Un jardin, des enfants, les feux d’un mariage,

Vivre entre mère et sœur jusqu’au plus loin des âges.

Et ces rêves tanguaient, s’élimaient en silence

Sur les mille affluents qui tissent l’existence,

Filant sur mes jupons comme autant de chimères,

Je conservais tout neufs mes appétits lunaires.

Et puis, sans crier gare, à l’aube d’un printemps,

Dans la trame d’un jeu le divin palpitant

Est venu se lover, placer son grain de sel,

Orner soudainement ma sente d’étincelles.

Du couvercle luisant d’une modeste boîte

Orientale il fit jaillir les écarlates

Bouquets d’émotions, les rêves vagabonds

Qui laissent sur les joues ces souffles rubiconds.

La boîte a libéré les clameurs aériennes

Du sable labouré au ventre de l’arène

Et quand dans une transe, un ballet, la lumière

S’est enroulée sur l’ombre irisée de poussière

La muleta chantait ses floraisons de braises

Baignée aux cordes du concerto d’Aranjuez.

A ma valse il a mis de tendres ritournelles,

A ma robe de bal ses festons de dentelles,

Ces volants qui malgré leur écume diaphane

Font tressaillir d’amour le buste des gitanes.

Le trois mai j’ai trouvé un astre, un magicien ;

Ange souriant au délicieux parfum

D’imprévu étirant notre fugue à Lyon

Jusqu’aux feux de Paris, sceller la passion

Sur les arcs alourdis du pont des amoureux.

Cinglons désormais vers ces océans heureux !

Sur des airs de Brassens j’accueille l’évidence,

Je goûte entre mes bras ma douce délivrance.

Mon essor, mon envol ! Les soupirs de mon cœur

Trouvent enfin les yeux d’un réalisateur

De rêves. La gitane égrènera sa danse

Le ventre illuminé par cette fulgurance :

Un jardin, nos enfants, les feux d’un mariage !

Comme le vent de mai qui s’accroche aux branchages

La boîte va fleurir de myriades d’idées

Qui seront les bambins de nos âmes liées.

                                                                Avril 14

 

 

 

 

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