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L'Hellébore

Publié le par Grégory Parreira


                    grande-roue-3

                               Photo: Virginie Breton (Chocoladdict.fr)  


 

Quand l'ocre vélin de la place Bellecour

Ne poudre plus aux vents ses aveugles discours,

Que les sableux cirrus, malicieux rouleaux

Se sclérosent, brunis par le bâillon des flots;

Quand le ciel écrémé abaisse ses glissades

Et puise son couvercle aux fronts gris des façades;

Quand le passant se plie et qu'enfle sur son col

Mille frissons tissés d'étoffes et d'étoles,

Elle fleurit. Quand les moutonnements ambrés,

Les lacérations vertes, bronze, dorées

S'étiolent sur les épaules de Fourvière

Pour léguer sa courbure aux funestes lanières

Des spectres charbonnés de décembre, elle éclot.

Des racines d'azur déchirent le calot,

Ecarquillent le glas enfumé du trottoir,

Les bâillements d'automne au seuil de ses dortoirs

Se parent du kohl bleu des tigelles d'acier.

Lente élévation du puissant échassier.

Dans la lourdeur des cieux estompés par la bruine,

L'hellébore s'étire en longues étamines;

Délicate pâleur d'un squelette solaire,

Tisseur de sifflements dans la harde des airs.

L'écaille des toits, les cheminées étonnées,

Les antennes, Louis voient croître sous leur nez

L'immense fleur d'hiver déployant ses néons,

L'hypnotique chaleur d'un sautoir de rayons,

L'astre grésillant, la maîtresse des frimas

Dominant la cité de son œil incarnat.

 

                                          Lyon,Nov14


 

Version audio ici --- > L'Hellébore
 

 

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