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Exutoire

Publié le par Grégory Parreira

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Exutoire

 

Bonjour à tous,

Ce 15 janvier dernier je fus invité à illustrer par un poème l'oeuvre de Tonia Kaufman lors de son vernissage d'exposition au Pré-soir (Lyon 1). Voici le texte composé pour l'occasion, librement inspiré des toiles et dessins de Tonia. L'exposition sera visible au Pré-soir jusqu'au printemps 2015.

 

Elle vient d’embrasser les bourrasques, le vide.

D’un bond ! Soudain ! D’un cri suspendu aux livides

Rumeurs des ressacs, ses jambes fendent les airs,

Soufflent les haillons de l’océan, le concert

Des écumes ; tambours de libération,

Fils aériens d’un ventre en éruption.

L’impassible falaise aux tiraillements graves,

La plaine verdoyante, en nervures, en lave

D’émeraude grouillante accrochait les drapés

De la nuit, l’écho des étoiles ; des lampées

De constellations diluaient des ruades

A la vague, aux vallons : fidèles camarades !

Les fougères laçaient la langue des nuages,

Cent galaxies buvaient l’ondée des paysages,

La vie fit tournoyer sa gorge de poussière,

La nacre de son sein, ses hanches nourricières,

Le monde se plissa sur la bonde argentée

De la lune, torpeur des amants aimantés.

Elle était là, encor, livrée au précipice,

Epinglée sur les flancs d’une coulée d’esquisses.

Les marées heurteraient à jamais la falaise,

Les songes, les tourments fugueraient sous la glaise

Et, déchirant le sol, déploieraient les ramures,

Les grappes de bourgeons, ces sibyllins murmures

De l’esprit. Un désert prostré, ô voile lourd

Des maillages du ciel, étreinte de velours

A la croisée des eaux, aux arches des ruelles !

Dormons tout notre amour sur le feu rituel

Des éléments, au vent léger des balançoires,

L’envie accrochée au cosmos, l’ange du soir

Froissant l’épaisse cape orageuse, la mer

Martèlement bercé d’un milliard de chimères.

Sous ses pieds suspendus un univers éclot :

Courants de vie, pesants, racines au galop,

Les veinules d’un arbre amarré aux étoiles,

La falaise, déesse aux rêveries d’opale.

Ce sentier sinueux perçant sa chrysalide,

Ce besoin dévorant, l’envie offerte au vide !

 

                                                                                Lyon, 15/01/15

                                                                               Vernissage de l’expo Tonia Kaufman

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